26/03/2026

Séminaire ‘Burglary Prevention’ d’Alia au Brabanthal

Penser en termes de solutions intégrées

Le séminaire consacré à la prévention des vols, qui s’est tenu fin février au Brabanthal de Leuven, est né du Security Day d’Alia organisé pendant le salon New Security l’an dernier. La fédération avait remarqué que l’événement avait attiré ses membres et suscité un vif intérêt auprès d’autres acteurs du secteur de la sécurité, comme les pouvoirs publics et les conseillers en prévention des vols. L’idée a alors germé d’organiser un second événement, dépassant les frontières professionnelles, en collaboration avec Agoria BSDI.

Alex
Baumans

Une vision large

Le séminaire a abordé les aspects de la problématique, tant les implications techniques et juridiques que sociales, sans oublier l’impact de l’IA et la cybersécurité. Le débat introductif, auquel ont participé des représentants du monde politique, des forces de l’ordre, du monde universitaire et du secteur de l’installation, a donné le ton. Plusieurs experts – tant des installateurs que des fonctionnaires du SPF IBZ – ont ensuite pris la parole. Au terme de la journée, une conclusion s’imposait : une prévention efficace contre l’intrusion exige une approche globale.

Intégration et coopération

Le terme ‘intégration’ est revenu à plusieurs reprises, dans divers contextes. Le temps où la sécurité reposait sur des spécialités distinctes est révolu : il faut décloisonner les services. Une meilleure collaboration est par exemple nécessaire entre les services de prévention des vols et les services de police d’une part, et le secteur de la sécurité, d’autre part. Les forces de l’ordre disposent d’une vision globale des cambriolages commis dans une zone donnée. Toutefois, la communication avec le secteur privé n’est pas toujours suffisante, ce qui complique l’évaluation de la menace d’intrusion. Ce manque de fluidité est trop souvent lié à des obstacles administratifs. L’exemple évoqué est celui de la liste des entreprises agréées : longtemps tenue confidentielle, elle n’était pas accessible au public, rendant impossible pour un client de vérifier l’agrément d’un prestataire.
Il y a un besoin de coopération structurelle entre les pouvoirs publics et le secteur privé. Dans son étude sur le partenariat public-privé en matière de prévention intrusion, Amandine Vanscheeuwijk (UGent) montre que, dans certaines zones de police, les contacts sont bons et que chaque partie connait la valeur ajoutée de l’autre. De tels exemples méritent d’être suivis, car ce n’est pas le cas partout.

Suivre les développements technologiques

L’intégration s’impose également sur le plan technique. Avec l’émergence des systèmes intelligents, il est essentiel d’envisager des solutions globales. Une sonnette intelligente équipée d’une caméra est peut-être facile à installer, mais sans une cybersécurité adaptée, vous ouvrez littéralement votre porte au monde entier. Il en va de même pour les solutions basées sur le cloud : ce qui relevait autrefois du simple contrôle d’accès prend désormais une dimension informatique incontournable. Dans les grandes organisations en particulier, le service IT doit systématiquement être impliqué dans les questions de sécurité.
Par ailleurs, les caméras modernes offrent bien plus qu’une simple détection intrusion. Elles peuvent par exemple aussi contribuer à la détection incendie. Sur le plan technique, il serait possible de transmettre des images en temps réel aux services d’urgence lors d’un incendie, afin qu’ils aient une meilleure idée de la situation avant leur arrivée. Cette pratique n’est toutefois pas prévue par la législation actuelle. Une nouvelle occasion manquée d’intégrer diverses fonctions.
Un autre exemple concerne la captation d’images de l’espace public. De nombreuses caméras de surveillance privées filment inévitablement une partie du domaine public. « On ne peut filmer que son propre terrain », rappelle Pieter De Wilder d’Agoria. « Mais lorsqu’une enquête est en cours, la police se rend chez l’installateur du système de sécurité pour lui demander si des images pertinentes du domaine public ont été enregistrées. » Dans certains cas, ces images ont effectivement permis de faire avancer l’enquête. Une coopération accrue est donc souhaitable. D’autres aspects, comme la reconnaissance faciale ou les enregistrements sonores, illustrent les limites actuelles du cadre légal en Belgique : aucun de ces deux procédés n’est autorisé, alors qu’ils sont techniquement réalisables et pourraient contribuer à l’identification d’auteurs d’infractions. De telles possibilités pourraient être exploitées avec un cadre réglementaire approprié.
La législation belge est relativement ancienne alors que les possibilités offertes par les caméras et autres technologies ne cessent d’évoluer. La technologie progresse – inévitablement - plus vite que la loi ne peut suivre. Une piste consisterait à instaurer un mécanisme de révision régulière de certaines parties des textes législatifs, afin de tenir compte des avancées technologiques. Mais cela relève de la compétence du législateur.

Une vue globale

La vision de la prévention intrusion s’est aussi élargie. La sécurité ne se limite plus au bâtiment mais englobe désormais ses abords. L’objectif n’est plus de réagir lorsqu’un incident se produit, mais de signaler immédiatement tout comportement suspect. L’analyse des images par l’IA peut y contribuer. Cette approche suppose toutefois que les abords soient aménagés en conséquence : les caméras doivent disposer d’un champ de vision. Si les cambrioleurs parviennent à se dissimuler, tout système de caméras sera voué à l’échec.
Koen Loete, président du Conseil des Bourgmestres, a étendu la prévention intrusion à l’échelle du quartier. La cohésion sociale est un levier efficace pour prévenir les cambriolages. L’analyse centralisée des images de vidéosurveillance peut permettre un déploiement plus efficace des forces de l’ordre. Koen Loete a aussi suggéré d’intégrer des dispositifs anti-effraction dès la conception d’un bâtiment, via le permis d’urbanisme.
Bref, il est encourageant de constater que la prévention intrusion est examinée sous différents angles et que les acteurs concernés sont disposés à unir leurs forces.

www.aliasecurity.be / www.agoria.be

Photos: Alia