« La centrale d’alarme devient peu à peu une centrale d’événements »
« La centrale d’alarme devient peu à peu une centrale d’événements »
L’ACA a récemment commandé une étude à un certain nombre d’acteurs du secteur. Cette étude a donné lieu à un rapport stratégique bien étayé, qui servira de ligne directrice à l’ACA pour faire l’inventaire de ses activités actuelles et futures. Ralph Gijbels, secrétaire de la Fédération, commente le rapport.
Cinq grands thèmes
« Le rapport stratégique permet d’identifier cinq thèmes principaux (voir figure 1) », explique Ralph Gijbels. « La première partie est consacrée à la prévention, à la protection et à l’assistance fiables. Avec l’ACA, nous souhaitons nous présenter comme un interlocuteur de confiance pour les autres acteurs, et mener le mouvement pour soutenir notre secteur. Nous voulons gérer les situations de façon proactive. Ce souhait stratégique est soutenu par l’évolution technologique rapide, qui permet même de travailler de manière prédictive. Nous voulons travailler en étroite collaboration avec les acteurs concernés, comme les compagnies d’assurance et les services de prévention de la police et des pompiers. »
« Nous cherchons à augmenter le degré de connexion entre installations existantes et nouvelles avec une salle de contrôle, afin de garantir une protection fiable pour le client final et, si nécessaire, d’assurer une action rapide et adéquate, en étant même en mesure d’échanger des informations en temps réel avec les services d’intervention. »
Fonction de filtre extrêmement importante
« La deuxième partie traite de l’évolution d’une centrale d’alarme vers une centrale d’événements. C’est une évolution très importante. Les alarmes antivol et anti-intrusion restent l’élément principal, mais nous constatons que la demande augmente également dans d’autres domaines. En reliant ces domaines et en les combinant, nous évoluons vers ce type de centrale. De toute façon, l’incendie est un point très important pour notre secteur. À l’heure actuelle, rares sont les détecteurs d’incendie connectés à une centrale. Les pompiers effectuent chaque jour pas moins de 50 interventions inutiles, causées soit par l’absence de détecteurs, soit par l’utilisation de détecteurs périmés. Nous sommes convaincus que nous pouvons apporter une forte valeur ajoutée dans ce domaine. Les chiffres sont très clairs : sur les 120 000 alarmes incendie que nous avons traitées l’an dernier, 4 % seulement ont été transmises aux pompiers. Notre fonction de filtre est donc extrêmement importante. »
« Nous accordons aussi sa juste valeur à chaque acteur du secteur – assurance, pompiers, police, salles de contrôle – chacun a sa propre force. En tant que salle de contrôle, nous sommes conscients du rôle central que nous jouons dans ce mécanisme. Grâce à notre savoir-faire et à notre expérience, nous sommes en mesure d’établir des liens entre les différents intervenants afin d’obtenir un fonctionnement optimal. C’est le troisième pilier de notre vision. »
« La Belgique, progressiste en termes de normes »
« L’organisation sectorielle européenne nous dit que notre pays est précurseur en matière de normalisation et de contrôle de la qualité. Nous le devons à la législation stricte, avec un dépistage et une formation obligatoires. Cela exige beaucoup de ressources de la part des organisations, mais en tant que secteur, nous sommes favorables à cette façon de promouvoir l’image de marque. Nous voulons aller au-delà des demandes du législateur, mais c’est un processus en constante évolution parce que la technologie n’est pas statique. C’est le quatrième pilier. »
Ancrage local
« Le cinquième et dernier pilier de notre vision concerne l’internationalisation de notre secteur. Nous sommes partisans d’un ancrage aussi local que possible des centrales d’alarme, non seulement à cause de la langue, mais aussi parce qu’il y a toujours des différences entre les pays. Prenons l’exemple du logement. En Belgique, en Suède et en Espagne, les maisons sont construites différemment, ce qui nécessite une interprétation différente des alarmes. L’ancrage local est important, non seulement pour nous et pour le gouvernement, mais aussi pour les clients. Il s’agit de gérer des risques pour la sécurité, voire pour la vie humaine ; les clients veulent que leurs alarmes soient suivies localement et non dans un pays situé à 3000 kilomètres de là. »
Trois groupes de travail
Loin de rester lettre morte, les cinq domaines font l’objet d’un suivi actif de la part de la fédération. Ce suivi s’effectuera grâce à trois groupes de travail qui plancheront sur plusieurs sujets importants au sein de l’ACA.
Sensibiliser
Gijbels : « Un premier groupe est chargé de de générer une prise de conscience. Il s’agit de trouver comment nous pouvons présenter nos tâches actuelles aux parties prenantes, pour les sensibiliser à nos possibilités et à la manière dont nous pouvons les aider en matière de prévention. »
« De plus, nous faisons le lien avec l’évolution technologique rapide. Grâce à l’intégration croissante entre les systèmes d’alarme et les caméras (intelligentes), le secteur dispose en effet de meilleures possibilités de vérification et d’une mine d’informations supplémentaires. Ici, nous pouvons créer de la valeur ajoutée en tant que secteur. »
Incendie
« Un deuxième groupe se concentrera spécifiquement sur l’incendie. Sur ce plan, nous sommes encore un peu en retard par rapport à nos voisins, surtout en ce qui concerne les systèmes connectés. En 2020, il sera obligatoire d’avoir une alarme incendie dans chaque maison de Flandre, mais elle ne devra pas nécessairement être reliée à une salle de contrôle. Cependant, les chiffres sont clairs : Au premier semestre 2016, le nombre de victimes d’incendie aux Pays-Bas était deux fois moins élevé qu’en Belgique, alors que l’on y compte six millions d’habitants en plus. Nous sommes donc clairement à la traîne. Dans ce groupe de travail, nous nous concentrerons donc sur la valeur ajoutée que nous pouvons apporter aux alarmes anti-incendie. »
Coopération avec les autorités locales
« Enfin, le troisième groupe de travail se concentrera sur la coopération avec les autorités locales. Là aussi, il existe un potentiel inexploité de coopération fructueuse, et ce dans plusieurs domaines. On a récemment reparlé de la question des déversements illégaux, qui représente un coût majeur pour de nombreuses municipalités. Des caméras de sécurité pourraient contribuer à améliorer la détection et l’identification des auteurs. Pour le contrôle d’accès aux domaines publics 24/7, nous pourrions également donner un sérieux coup de main aux services d’urgence. Nous sommes actifs depuis tant d’années dans la surveillance anti-cambriolage 24/7 que nous avons acquis une énorme expertise dans ce domaine. Il est donc logique que nous mettions également ces connaissances à la disposition d’autres acteurs et dans d’autres domaines. »
Le rapport stratégique est disponible sur le site web www.aca-monitoring.be/fr/vision. »
Par Sammy Soetaert
Qui est Ralph Gijbels ?
Tout comme le président de l’ACA, Peter Henderickx, mentionné dans l’édition précédente de Top Security, le secrétaire Ralph Gijbels est relativement nouveau dans le secteur. Voici deux ans, il a mis fin à une longue carrière chez le fournisseur de services financiers Worldline, successeur de Banksys, où il était responsable du service à la clientèle pour le segment Banques, Alliances & Partenaires. Il a ensuite rejoint Verisure, où il occupe le poste de Directeur des Opérations pour la Belgique et les Pays-Bas, et a été nommé secrétaire de l’ACA peu après.


