Les capteurs développés pour les systèmes de sécurité, deviennent de plus en plus importants
Les capteurs développés pour les systèmes de sécurité, deviennent de plus en plus importants
Amsterdam Security Conference
Dans 25 ans, les robots gagneront peut-être la coupe du monde de football. C’était l’une des visions du futur exprimées lors de l’Amsterdam Security Conference du 29 novembre au RAI Amsterdam. Les capteurs développés pour les systèmes de sécurité deviennent de plus en plus importants dans ce futur robotisé, né d’un même écosystème mondial unique. Quels sont les défis qui en découlent ?
Les robots voient leur intelligence doubler tous les dix-huit mois, nous affirmait le conférencier principal Carlo van de Weijer, de l’Université de technologie d’Eindhoven. « Il ne faudra sans doute pas plus de vingt ans avant qu’ils ne deviennent aussi intelligents que l’homme. » Carlo van de Weijer est lui-même chercheur dans le domaine des voitures autoguidées. « Vous voyez bien alors à quels défis vous avez à faire face. Un ordinateur est capable de calculer très rapidement, mais il n’est pas intelligent. Une voiture guidée automatiquement n’est pas encore en mesure, loin de là, d’évaluer des situations de circulation complexes. Avant de mettre quelque chose en pratique, il est donc essentiel d’en préciser les règles d’encadrement. C’est-à-dire ce qu’il est possible de faire et ce qui ne l’est pas. Surtout s’il s’agit d’applications critiques comme la sécurité et la circulation. » Carlo Van de Weijer soulignait ces propos par des images époustouflantes de ce que les robots peuvent faire actuellement, mais également des erreurs dramatiques qu’ils peuvent occasionner.
Continuation d’activité après une catastrophe
« Nous faisons toutes sortes de choses pour protéger notre système informatique, mais avons-nous un plan B dans le cas où les choses tournent mal quand même ? » C’est la question rhétorique posée par Rinske Geerlings, de Business as Usual. « La sécurité à 100% n’existe pas ; donc, que faisons-nous lorsque nous sommes vraiment dans la mouise ? » Son entreprise utilise les jeux informatiques et les sessions interactives pour éveiller, de manière ludique, l’attention des intéressés. « Qui doit intervenir lorsque les choses dérapent ? Beaucoup d’organisations s’occupent de leur continuité d’activité (business continuity) mais pensent qu’il s’agit uniquement de créer des sauvegardes. Elles ne savent pas si en réactivant le système à partir d’une sauvegarde, tout redeviendra opérationnel comme avant. Il faut une sérieuse formation de diverses personnes pour arriver à tout remettre en ordre rapidement après un incident important. L’organisation peut-elle entre-temps continuer à fonctionner sans informatique, de manière que les clients n’en ressentent aucune gêne ? C’est une chose rarement vérifiée par un exercice ou un essai en vraie grandeur. Que se passe-t-il si le bâtiment et l’informatique disparaissent ? Ou si des personnes vitales pour l’organisation ne sont plus disponibles ? Vous pouvez bien avoir des sauvegardes, mais sans collaborateurs elles ne vous servent pas à grand-chose. » Rinske Geerlings a loué le fait que les entreprises fassent beaucoup de prévention, mais a souligné que la riposte était au moins tout aussi importante. « Si vous n’y pensez que le jour de la catastrophe, vous arrivez franchement trop tard. Il n’est pas possible de tenir compte de tous les scénarios, mais cela fait une grosse différence si, dans chaque cas, vous cueillez le fruit le plus à votre portée. Ne confiez pas ce soin à un seul service ; impliquez-y au contraire des personnes de tous les services. Formez pour ce faire une équipe qui fasse l’inventaire des fonctions pouvant disparaître totalement au cours d’un incident et comment il peut y être remédié. N’oubliez pas non plus que pour les collaborateurs, ceci n’est pas prioritaire ; c’est pourquoi vous devez vous efforcer de rendre les choses amusantes. Utilisez de préférence une ‘boîte à outils’, car il y a toujours des choses auxquelles on ne pense que lorsqu’il est trop tard. »
Groupes de travail
L’Amsterdam Security Conference est organisée en collaboration avec l’association des professionnels de la sécurité des Pays-Bas (Vereniging Beveiligingsprofessionals Nederland). Cette dernière a démarré au printemps dernier quatre groupes de travail qui se sont penchés sur les sujets suivants : ‘Internet of Things and Cybersecurity’ (Internet des Objets et cybersécurité), ‘Drones’, ‘Insider threat’ (Menace interne), et ‘Travel Security’ (Sécurité de déplacement). Durant la conférence, il a été possible de suivre deux des quatre présentations de ces groupes de travail et des livres blancs ont été distribués pour en présenter les résultats provisoires.
Pour le groupe de travail ‘Drones’, il a été jugé positif que, durant la conférence au RAI Amsterdam, ait eu lieu la Drone Week (Semaine du drone). Les pauses ont permis de visiter le salon et c’est là qu’a eu lieu également la présentation par le groupe de travail. Il existe aux Pays-Bas une loi et une réglementation concernant l’utilisation de drones, mais elles rendent leur utilisation professionnelle quasi impossible. Le besoin de drones prendra rapidement de l’ampleur au cours des prochaines années, et les appareils offrent de nombreuses possibilités en matière de sécurité ; il est dès lors nécessaire d’introduire rapidement une nouvelle réglementation. Celle-ci est actuellement mise au point à Bruxelles et sera ensuite appliquée dans l’ensemble de l’UE. Le groupe de travail a pour objectif d’apporter son soutien à la mise en place de règles et de directives basées sur la pratique.
René Reijenga et Rosa Kasha se sont attaqués, quant à eux, à l’épineux sujet de l’Insider Threat, c.-à-d. la menace qui émane des propres collaborateurs. Ils ont développé avec le groupe de travail une directive pour le tri du personnel avant embauche, mais également pour examiner le personnel existant sous toutes les coutures et pour évaluer le risque que constituent les personnes quittant l’organisation, volontairement ou non. Lors du tri il y a lieu de tenir compte de beaucoup de choses. C’est pourquoi la directive propose un plan par étapes, afin de ne négliger aucune des principales conditions. Le règlement général sur la protection des données (GDPR ou General Data Protection Regulation) ne rend pas le tri plus facile, mais ici encore, il n’y a pas de problèmes à craindre si l’on adopte la bonne démarche. Ceci implique entre autres que le tri doit être annoncé à l’avance, que l’on dise ce qu’il comporte, et que les résultats soient partagés avec le candidat.
Jan Verkaar traitait, lui, de la collaboration public-privé. Il se fait déjà beaucoup de choses sur ce plan, mais la VBN (Vereniging Beroepsprofessionals Nederland / Association des professionnels des Pays-Bas) veut y ajouter des contributions utiles basées sur la pratique quotidienne. Le groupe de travail s’est enrichi, depuis sa création, d’un grand nombre de personnes venues de différents secteurs, et qui se sont attelées à la tâche de coucher sur le papier les différentes idées germées. En ce moment le groupe formule des objectifs ainsi qu’une feuille de route en vue du prochain Sommet sur la Sécurité (Security Summit), en 2020. Plusieurs choses y seront mises à l’ordre du jour, telles que les aspects politiques et juridiques d’une CPP (collaboration public-privé), ainsi que ce qu’une CPP peut signifier en matière de protection de secteurs spécifiques, comme par exemple l’héritage culturel.
Technologie de capteurs polyvalente contre l’agression
Tinus Kanters de la commune d’Eindhoven faisait un exposé sur un projet unique dans sa commune, ayant pour but, grâce à une technique avancée, de réduire les agressions dans la zone de loisirs de Stratumseind. Et ce, entre autres, en analysant les situations précédant les agressions, afin d’être en mesure d’intervenir à temps dès que des situations comparables sont détectées. « Nous pouvons à présent intervenir en moyenne 23 secondes plus tôt. Cela semble peu, mais cela fait une énorme différence lorsque vous recevez moins de coups pendant 23 secondes. » Dans cette zone nous expérimentons également des éclairages de différentes couleurs et intensités, afin de diminuer les agressions. Nous utilisons même des odeurs. Nous y ajoutons ainsi de plus en plus de technologie. Les personnes continuent également à jouer un rôle important, par exemple pour détourner le public lorsque la foule devient trop dense. On parvient ainsi à réduire l’irritation et l’agression qui en découle. C’est un gros défi sur le plan technique, mais également du point de vue organisationnel. Tinus Kanters : « À qui appartiennent les données ? Et que peut-on en faire ? » Afin de prévenir les problèmes de droit de la vie privée, les données sont le plus possible rendues anonymes. Les visages sont floutés et les gens peuvent même être représentés par des taches, s’il ne s’agit que de mesurer la densité et le flux de personnes à un instant donné. C’est un projet qui n’est jamais terminé et qui est surtout destiné à tester les nouvelles technologies dans des situations difficiles. Nous invitons les autres villes à l’examiner et à en appliquer les résultats dans leurs propres zones de loisirs.
Photos © RAI Amsterdam



