08/12/2023

Le salon APS doit se réinventer

Après 4 ans d’absence, le salon APS (salon + business meetings de la sûreté/sécurité) a eu lieu du 3 au 5 octobre 2023 au Centre des congrès de Paris Porte de Versailles. Il a connu une forte fréquentation le mercredi, tandis que les premier et dernier jours étaient plus ‘gérables’ – comprenez : il y avait du monde mais il aurait pu y en avoir plus. APS attire principalement les installateurs, les conseilleurs et les utilisateurs finaux de la région parisienne et du nord de la France, et compte probablement plus de visiteurs de Wallonie et de Bruxelles que du sud de la France. Certes, c’est un salon régional, peu international.

APS comble le vide entre les éditions de la biennale Expoprotection, mais pas totalement. Il y a quelques différences notables. Tout d’abord, APS a lieu à une plus petite échelle, ce qui ne doit pas représenter un inconvénient. À Expoprotection, la sûreté et la sécurité vont de pair, et outre les caméras de haute technologie et les solutions de cybersécurité, on y trouve un assortiment de chaussures de sécurité, de casques et de gilets fluorescents. À APS, les quelques 110 exposants sont dédiés à la sécurité.

Une enquête rapide auprès des exposants et des visiteurs donne une image mitigée. L’offre, le lieu et les heures d’ouverture sont appréciés… par ceux qui étaient présents. Pour les professionnels de Bordeaux, Lyon, Toulouse, etc., cela ne valait apparemment pas la peine de se rendre à Paris. Et puis il y a la bonne nouvelle de l’organisateur, RX France, qui avance qu’environ la moitié des exposants étaient présents pour la première fois. Mais si on compare les faits objectifs, on obtient une autre image. Le salon est environ plus petit d’un tiers par rapport à l’édition pré-corona de 2019. En d’autres termes, deux tiers des exposants de l’époque ont décroché. En tant qu’organisateur, on peut se poser des questions.

Jeux Olympiques

L’événement de trois jours était soutenu par un programme de conférences limité. 21 présentations ont été données sur une seule scène. Il est clair qu’une plus grande attention a été accordée à la qualité qu’à la quantité. Il faut dire que les intervenants ont tous apporté des perspectives inspirantes et passionnantes dans leur domaine. Le thème des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 a été évoqué à plusieurs reprises. Cet événement de masse, qui sera suivi dans le monde entier, pose des exigences particulières en matière de sécurité. Il est de notoriété publique que les Français n’aiment pas être pris par la main et ils sont très attachés à leur vie privée. Comment concilier cela avec les milliers de caméras qui seront utilisées sur les différents sites de compétition, les hébergements et les flux de visiteurs ? D’un tout autre ordre – mais non moins facile à résoudre – de nombreux agents de sécurité qualifiés seront nécessaires pour superviser et garantir le bon déroulement, mais ils doivent être autorisés à contrôler les sacs à main et à dos et à fouiller les visiteurs. Pour de nombreux collaborateurs, la formation prendra plus de temps que les Jeux eux-mêmes.

Vidéosurveillance dans les banlieues

Marc Pichaud, administrateur de JUST DO IP, a suscité de l’intérêt avec sa présentation sur la sécurisation des logements sociaux et des appartements en banlieue parisienne, des quartiers mornes où il est de bon ton d’incendier sans discernement la voiture du voisin et où le trafic et l’usage de stupéfiants se fait au grand jour. L’ancien président Nicolas Sarkozy avait déployé en 2017 un plan directeur pour remettre de l’ordre, mais personne ne pense qu’il y soit parvenu, même partiellement. Les habitants n’ont donc pas d’autre choix que d’agir et de se protéger, ainsi que leurs proches et leurs biens, du mieux qu’ils peuvent.

« Nous savons depuis longtemps que la police ne réprimera pas la petite criminalité dans les banlieues. Je pense que la notion de petite criminalité doit être interprétée plus largement. Mais ce qui effraie encore les délinquants, c’est que leurs activités soient filmées. À cet égard, il faut procéder de manière réfléchie. Commencez par déterminer où se situent les dangers. Il s’agit généralement de parkings aériens et souterrains, de halls d’entrée, de boîtes aux lettres, de terrasses au rez-de-chaussée et des cages d’escalier. Réfléchissez comment et où accrocher vos caméras. Etablissez un croquis de la situation en 2D, et de préférence en 3D, et évitez les angles morts. Et, s’il vous plait, ne vous contentez pas de caméras classiques que vous avez déjà installées des centaines de fois. Tenez compte des caractéristiques de l’image, de la luminosité, des images thermiques, et choisissez des caméras qui résistent au vandalisme ! »


« Vérifiez où poser le câblage afin que les caméras restent en service plus d’une heure. Lors de l’installation, gardez à l’esprit que les délinquants n’en veulent pas. Quand la voie est-elle libre pour les installer ? Où garer votre camionnette ? Se déplacer dans une voiture banalisée plutôt qu’un véhicule commercial affichant votre spécialité de vidéosurveillance et sécurité n’est pas une mauvaise idée », conclut Marc Pichaud.

Par Rudy Gunst

www.salon-aps.com

Le salon APS doit se réinventer

Après 4 ans d’absence, le salon APS (salon + business meetings de la sûreté/sécurité) a eu lieu du 3 au 5 octobre 2023 au Centre des congrès de Paris Porte de Versailles. Il a connu une forte fréquentation le mercredi, tandis que les premier et dernier jours étaient plus ‘gérables’ – comprenez : il y avait du monde mais il aurait pu y en avoir plus. APS attire principalement les installateurs, les conseilleurs et les utilisateurs finaux de la région parisienne et du nord de la France, et compte probablement plus de visiteurs de Wallonie et de Bruxelles que du sud de la France. Certes, c’est un salon régional, peu international.

APS comble le vide entre les éditions de la biennale Expoprotection, mais pas totalement. Il y a quelques différences notables. Tout d’abord, APS a lieu à une plus petite échelle, ce qui ne doit pas représenter un inconvénient. À Expoprotection, la sûreté et la sécurité vont de pair, et outre les caméras de haute technologie et les solutions de cybersécurité, on y trouve un assortiment de chaussures de sécurité, de casques et de gilets fluorescents. À APS, les quelques 110 exposants sont dédiés à la sécurité.

Une enquête rapide auprès des exposants et des visiteurs donne une image mitigée. L’offre, le lieu et les heures d’ouverture sont appréciés… par ceux qui étaient présents. Pour les professionnels de Bordeaux, Lyon, Toulouse, etc., cela ne valait apparemment pas la peine de se rendre à Paris. Et puis il y a la bonne nouvelle de l’organisateur, RX France, qui avance qu’environ la moitié des exposants étaient présents pour la première fois. Mais si on compare les faits objectifs, on obtient une autre image. Le salon est environ plus petit d’un tiers par rapport à l’édition pré-corona de 2019. En d’autres termes, deux tiers des exposants de l’époque ont décroché. En tant qu’organisateur, on peut se poser des questions.

Jeux Olympiques

L’événement de trois jours était soutenu par un programme de conférences limité. 21 présentations ont été données sur une seule scène. Il est clair qu’une plus grande attention a été accordée à la qualité qu’à la quantité. Il faut dire que les intervenants ont tous apporté des perspectives inspirantes et passionnantes dans leur domaine. Le thème des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 a été évoqué à plusieurs reprises. Cet événement de masse, qui sera suivi dans le monde entier, pose des exigences particulières en matière de sécurité. Il est de notoriété publique que les Français n’aiment pas être pris par la main et ils sont très attachés à leur vie privée. Comment concilier cela avec les milliers de caméras qui seront utilisées sur les différents sites de compétition, les hébergements et les flux de visiteurs ? D’un tout autre ordre – mais non moins facile à résoudre – de nombreux agents de sécurité qualifiés seront nécessaires pour superviser et garantir le bon déroulement, mais ils doivent être autorisés à contrôler les sacs à main et à dos et à fouiller les visiteurs. Pour de nombreux collaborateurs, la formation prendra plus de temps que les Jeux eux-mêmes.

Vidéosurveillance dans les banlieues

Marc Pichaud, administrateur de JUST DO IP, a suscité de l’intérêt avec sa présentation sur la sécurisation des logements sociaux et des appartements en banlieue parisienne, des quartiers mornes où il est de bon ton d’incendier sans discernement la voiture du voisin et où le trafic et l’usage de stupéfiants se fait au grand jour. L’ancien président Nicolas Sarkozy avait déployé en 2017 un plan directeur pour remettre de l’ordre, mais personne ne pense qu’il y soit parvenu, même partiellement. Les habitants n’ont donc pas d’autre choix que d’agir et de se protéger, ainsi que leurs proches et leurs biens, du mieux qu’ils peuvent.

« Nous savons depuis longtemps que la police ne réprimera pas la petite criminalité dans les banlieues. Je pense que la notion de petite criminalité doit être interprétée plus largement. Mais ce qui effraie encore les délinquants, c’est que leurs activités soient filmées. À cet égard, il faut procéder de manière réfléchie. Commencez par déterminer où se situent les dangers. Il s’agit généralement de parkings aériens et souterrains, de halls d’entrée, de boîtes aux lettres, de terrasses au rez-de-chaussée et des cages d’escalier. Réfléchissez comment et où accrocher vos caméras. Etablissez un croquis de la situation en 2D, et de préférence en 3D, et évitez les angles morts. Et, s’il vous plait, ne vous contentez pas de caméras classiques que vous avez déjà installées des centaines de fois. Tenez compte des caractéristiques de l’image, de la luminosité, des images thermiques, et choisissez des caméras qui résistent au vandalisme ! »



« Vérifiez où poser le câblage afin que les caméras restent en service plus d’une heure. Lors de l’installation, gardez à l’esprit que les délinquants n’en veulent pas. Quand la voie est-elle libre pour les installer ? Où garer votre camionnette ? Se déplacer dans une voiture banalisée plutôt qu’un véhicule commercial affichant votre spécialité de vidéosurveillance et sécurité n’est pas une mauvaise idée », conclut Marc Pichaud.

Par Rudy Gunst

www.salon-aps.com