06/11/2019

« Décourager les cambrioleurs est l’affaire de tous »

Journées contre le cambriolage

Comment éviter de se faire cambrioler ? En cultivant de bonnes habitudes, quelques mesures dissuasives et la cohésion sociale entre voisins. C’est le message porté par « 1 jour sans », les opérations de sensibilisation menées par le SPF Intérieur. Pour apprendre à vivre et/ou partir en toute sécurité.

2019 marque une nouvelle étape dans l’action de prévention du cambriolage en Belgique. Non pas une, mais deux actions sont désormais consacrées chaque année à enfoncer le clou de la lutte contre le cambriolage. Au « 1 jour sans » qui revient depuis six ans en octobre (le 18 cette année) au début des « mois sombres », s’est ajouté pour la première fois le 19 juin dernier « 1 jour sans » européen, vécu dans 12 pays de l’Union sur le thème des départs en vacances en toute sécurité. « Un effort commun et collectif reste indispensable », nous explique Cathy Grimmeau, chargée de projet à la Direction Sécurité et Prévention du SPF, « car même en recul depuis 2012, l’effraction avec vol reste un phénomène problématique. En moyenne, 141 cambriolages sont encore commis chaque jour en Belgique. »

Quel est l’effet principal recherché par ces actions « 1 jour sans » ?

« Il est double. Diminuer le nombre de cambriolages évidemment mais surtout rendre les citoyens acteurs et responsables de leur propre sécurité. Penser que lutter contre les intrusions de cambrioleurs, en faire la prévention, serait uniquement le rôle de la police est une erreur. Nous tous, citoyens, connaissons les gestes à adopter, les précautions à prendre. Le rôle des campagnes contre le cambriolage, nationale et européenne, est de nous les rappeler. De nous conscientiser à fermer nos portes, fenêtres, à prendre des mesures de prévention basique. Mais aussi à cultiver nos contacts avec nos voisins qui peuvent ouvrir l’œil, faire des petits contrôles de routines, redoubler d’attention, lorsque nous sommes partis. Tout cela participe à la prévention. Tout citoyen peut aussi signaler à la police ses absences d’au moins 7 jours, pour permettre à celle-ci d’accroître sa surveillance lors des rondes effectuées. »

« Penser que lutter contre les intrusions de cambrioleurs, en faire la prévention, serait uniquement le rôle de la police est une erreur. »

Cathy Grimmeau, Direction Sécurité et Prévention du SPF

Quel est le point de départ d’une bonne prévention anti-effraction/intrusion ?

« Amener en priorité un maximum de gens à adopter de bonnes habitudes. Les auteurs de cambriolage sont souvent des opportunistes pour qui « l’occasion, fait le larron ». Ils saisissent la moindre faille, la moindre distraction d’un habitant : une fenêtre entrouverte, une porte mal refermée ou claquée plutôt que fermée à double tour, une cachette de clé trop évidente… Des moyens simples existent aussi pour entraver et retarder l’intrusion d’un cambrioleur. Comme fermer à clé des portes successives, ajouter des verrous ou insérer une barre anti-glissement dans le rail de sa porte-fenêtre. Et cela n’a rien de futile ! Il a été estimé qu’une tentative d’effraction d’un cambrioleur dure en moyenne trois minutes. Généralement, s’il échoue, au-delà de ce délai il passe à la maison suivante. »

Conscientiser les citoyens vise-t-il aussi à diminuer les coûts du travail policier ?

« Oui aussi. Intervenir, recueillir des plaintes, mener des enquêtes de voisinage, cela mobilise l’énergie et le temps des policiers. Mais c’est aussi coûteux pour les compagnies d’assurances et bien sûr pour les assurés spoliés de leurs biens, objets de valeurs et retrouvant leur habitation dégradée par l’effraction elle-même. Moins de cambriolages, ce sont moins de dépenses pour toute la collectivité. »

Que se passe-t-il lors de vos opérations de sensibilisation « 1 jour sans » ?

« Ce « jour sans » est en fait le point d’orgue d’une semaine durant laquelle nous déployons une large communication autour de la problématique du cambriolage. Sur le terrain, nous encourageons toutes les zones de police, les communes, les provinces à prendre des initiatives de prévention de proximité, avec et pour les gens. Sous différentes formes : tenir un stand de prévention dans un centre commercial ou sur un marché ; organiser un tour de quartier avec les conseillers en prévention vol accompagnés de gardiens de la paix pour examiner les portes de chaque habitation pour vérifier si les cylindres des serrures sont bien sécurisés. Un folder sur ce thème est déposé dans la boite aux lettres pour prévenir l’habitant des éventuels risques encourus, etc. »

Qu’a donné le « jour sans », à dimension européenne, de juin dernier ?

« Quantifier son efficacité est difficile car beaucoup de critères entrent en ligne de compte. On pourrait se baser sur le nombre de visites de conseillers en prévention en vol demandés par les particuliers dans la foulée, mais ce serait partiel. Nous n’avons pas de chiffre précis pour estimer son effet dissuasif. Au niveau du nombre d’initiatives organisées par les zones de polices et les communes cela a été un succès pour une première en été. L’efficacité s’évalue dans la durée et à force de répéter les actions de sensibilisation. Tôt ou tard, les efforts de prévention portent leurs fruits. »

Qu’est-ce qui différencie les opérations de juin et d’octobre ?

« Le message est le même : la lutte et la prévention contre les cambriolages. Dans les deux cas aussi, nous ciblons le grand public car aujourd’hui, riche ou modeste, tout le monde peut être victime d’un cambriolage. La différence, c’est le contexte lié à la période de l’année. En juin, c’était : attention vacances, redoublez de prudence et veillez à bien sécuriser votre habitation si vous partez. Cela passe par un bon contact avec son voisinage, maintenir une impression de présence, faire appel au service de police pour une ronde de surveillance. Ici en octobre, attention on entre dans les « mois sombres » particulièrement propices aux méfaits des cambrioleurs. Le message remet l’accent sur la responsabilisation des citoyens en général, la nécessité d’une cohésion sociale dans les quartiers, et la prise d’initiatives par les habitants. Moins de cambriolages, c’est une meilleure atmosphère sociale. »

Les Partenariats Locaux de Prévention (PLP) dans les quartiers sont-ils utiles ?

« Ces initiatives sont reconnues par le SPF Intérieur. Chaque PLP reconnu est toujours encadré par un policier mandaté au contact du voisinage. C’est un moyen de partager sur le terrain des infos utiles avec les citoyens qui y participent. Leur vertu est aussi de mobiliser la population d’un quartier en réseau autour d’une démarche responsable de prévention au service de la collectivité. La prévention des cambriolages relève de bonnes habitudes et d’une vigilance naturelle à exercer pour soi, pour les autres, et pour ses biens. »

Par Fernand Letist

www.1joursans.be/

« Décourager les cambrioleurs est l’affaire de tous »

Journées contre le cambriolage

Comment éviter de se faire cambrioler ? En cultivant de bonnes habitudes, quelques mesures dissuasives et la cohésion sociale entre voisins. C’est le message porté par « 1 jour sans », les opérations de sensibilisation menées par le SPF Intérieur. Pour apprendre à vivre et/ou partir en toute sécurité.

2019 marque une nouvelle étape dans l’action de prévention du cambriolage en Belgique. Non pas une, mais deux actions sont désormais consacrées chaque année à enfoncer le clou de la lutte contre le cambriolage. Au « 1 jour sans » qui revient depuis six ans en octobre (le 18 cette année) au début des « mois sombres », s’est ajouté pour la première fois le 19 juin dernier « 1 jour sans » européen, vécu dans 12 pays de l’Union sur le thème des départs en vacances en toute sécurité. « Un effort commun et collectif reste indispensable », nous explique Cathy Grimmeau, chargée de projet à la Direction Sécurité et Prévention du SPF, « car même en recul depuis 2012, l’effraction avec vol reste un phénomène problématique. En moyenne, 141 cambriolages sont encore commis chaque jour en Belgique. »

Quel est l’effet principal recherché par ces actions « 1 jour sans » ?

« Il est double. Diminuer le nombre de cambriolages évidemment mais surtout rendre les citoyens acteurs et responsables de leur propre sécurité. Penser que lutter contre les intrusions de cambrioleurs, en faire la prévention, serait uniquement le rôle de la police est une erreur. Nous tous, citoyens, connaissons les gestes à adopter, les précautions à prendre. Le rôle des campagnes contre le cambriolage, nationale et européenne, est de nous les rappeler. De nous conscientiser à fermer nos portes, fenêtres, à prendre des mesures de prévention basique. Mais aussi à cultiver nos contacts avec nos voisins qui peuvent ouvrir l’œil, faire des petits contrôles de routines, redoubler d’attention, lorsque nous sommes partis. Tout cela participe à la prévention. Tout citoyen peut aussi signaler à la police ses absences d’au moins 7 jours, pour permettre à celle-ci d’accroître sa surveillance lors des rondes effectuées. »

« Penser que lutter contre les intrusions de cambrioleurs, en faire la prévention, serait uniquement le rôle de la police est une erreur. »

Cathy Grimmeau, Direction Sécurité et Prévention du SPF

Quel est le point de départ d’une bonne prévention anti-effraction/intrusion ?

« Amener en priorité un maximum de gens à adopter de bonnes habitudes. Les auteurs de cambriolage sont souvent des opportunistes pour qui « l’occasion, fait le larron ». Ils saisissent la moindre faille, la moindre distraction d’un habitant : une fenêtre entrouverte, une porte mal refermée ou claquée plutôt que fermée à double tour, une cachette de clé trop évidente… Des moyens simples existent aussi pour entraver et retarder l’intrusion d’un cambrioleur. Comme fermer à clé des portes successives, ajouter des verrous ou insérer une barre anti-glissement dans le rail de sa porte-fenêtre. Et cela n’a rien de futile ! Il a été estimé qu’une tentative d’effraction d’un cambrioleur dure en moyenne trois minutes. Généralement, s’il échoue, au-delà de ce délai il passe à la maison suivante. »

Conscientiser les citoyens vise-t-il aussi à diminuer les coûts du travail policier ?

« Oui aussi. Intervenir, recueillir des plaintes, mener des enquêtes de voisinage, cela mobilise l’énergie et le temps des policiers. Mais c’est aussi coûteux pour les compagnies d’assurances et bien sûr pour les assurés spoliés de leurs biens, objets de valeurs et retrouvant leur habitation dégradée par l’effraction elle-même. Moins de cambriolages, ce sont moins de dépenses pour toute la collectivité. »

Que se passe-t-il lors de vos opérations de sensibilisation « 1 jour sans » ?

« Ce « jour sans » est en fait le point d’orgue d’une semaine durant laquelle nous déployons une large communication autour de la problématique du cambriolage. Sur le terrain, nous encourageons toutes les zones de police, les communes, les provinces à prendre des initiatives de prévention de proximité, avec et pour les gens. Sous différentes formes : tenir un stand de prévention dans un centre commercial ou sur un marché ; organiser un tour de quartier avec les conseillers en prévention vol accompagnés de gardiens de la paix pour examiner les portes de chaque habitation pour vérifier si les cylindres des serrures sont bien sécurisés. Un folder sur ce thème est déposé dans la boite aux lettres pour prévenir l’habitant des éventuels risques encourus, etc. »

Qu’a donné le « jour sans », à dimension européenne, de juin dernier ?

« Quantifier son efficacité est difficile car beaucoup de critères entrent en ligne de compte. On pourrait se baser sur le nombre de visites de conseillers en prévention en vol demandés par les particuliers dans la foulée, mais ce serait partiel. Nous n’avons pas de chiffre précis pour estimer son effet dissuasif. Au niveau du nombre d’initiatives organisées par les zones de polices et les communes cela a été un succès pour une première en été. L’efficacité s’évalue dans la durée et à force de répéter les actions de sensibilisation. Tôt ou tard, les efforts de prévention portent leurs fruits. »

Qu’est-ce qui différencie les opérations de juin et d’octobre ?

« Le message est le même : la lutte et la prévention contre les cambriolages. Dans les deux cas aussi, nous ciblons le grand public car aujourd’hui, riche ou modeste, tout le monde peut être victime d’un cambriolage. La différence, c’est le contexte lié à la période de l’année. En juin, c’était : attention vacances, redoublez de prudence et veillez à bien sécuriser votre habitation si vous partez. Cela passe par un bon contact avec son voisinage, maintenir une impression de présence, faire appel au service de police pour une ronde de surveillance. Ici en octobre, attention on entre dans les « mois sombres » particulièrement propices aux méfaits des cambrioleurs. Le message remet l’accent sur la responsabilisation des citoyens en général, la nécessité d’une cohésion sociale dans les quartiers, et la prise d’initiatives par les habitants. Moins de cambriolages, c’est une meilleure atmosphère sociale. »

Les Partenariats Locaux de Prévention (PLP) dans les quartiers sont-ils utiles ?

« Ces initiatives sont reconnues par le SPF Intérieur. Chaque PLP reconnu est toujours encadré par un policier mandaté au contact du voisinage. C’est un moyen de partager sur le terrain des infos utiles avec les citoyens qui y participent. Leur vertu est aussi de mobiliser la population d’un quartier en réseau autour d’une démarche responsable de prévention au service de la collectivité. La prévention des cambriolages relève de bonnes habitudes et d’une vigilance naturelle à exercer pour soi, pour les autres, et pour ses biens. »

Par Fernand Letist

www.1joursans.be/