13/12/2022

Congrès Fireforum 2022

Mardi 25 octobre 2022, la 7e édition du congrès biennal de Fireforum s’est tenue à la Maison de la Poste sur le site de Tour & Taxi. Le partage de connaissances et d’expériences entre l’industrie, les pompiers, le secteur public et les établissements de recherche y était central, et depuis l’organisation en ligne forcée de l’édition de 2020, les participants ont eu l’opportunité de réseauter. À l’espace d’exposition, 14 partenaires ont présenté leurs technologies innovantes et les derniers développements dans le domaine de la prévention incendie et de la lutte contre l’incendie. La Ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden a ouvert le congrès.

« Enfin en live », a lancé Marnix Steenbeke, le président de Fireforum asbl en résumant le sentiment général. « On peut partager des connaissances technologiques et scientifiques sur un événement en ligne mais pas de la même manière que lors d’un événement physique. Si la pandémie nous a appris une chose, c’est à quel point les contacts physiques sont importants. La plus-value des réseaux et le partage des connaissances et des expériences sont difficilement estimables. Le succès de notre congrès – voyez les nombreux participants – vient de la combinaison d’un programme de contenus et de réseautage. »

La Ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden a également exprimé sa satisfaction à propos de l’organisation physique de l’événement. « Cela me donne de l’espoir de voir autant d’hommes et de femmes s’engager dans une sécurité incendie accrue et prêts à réfléchir à la sécurité incendie. Prévenir vaut mieux que guérir. Le partage de connaissances et le dialogue sont des facteurs de succès essentiels dans l’effort conjoint visant à accroitre la sécurité incendie et à réduire le nombre d’incidents liés aux incendies. Le programme du congrès est impressionnant et varié, avec des dizaines de séances d’information axées sur la normalisation, les applications, la réalité quotidienne et la recherche scientifique. »

« Mesurer, c’est savoir, voilà pourquoi le secteur public est engagé dans une meilleure cartographie des risques et la recherche. Les incendies doivent être plus et mieux étudiés. Pas pour répondre à la question de la culpabilité mais pour apprendre le plus possible de chaque incendie. Cela vaut tant pour la prévention que la préparation concrète – la mise en œuvre effective – des interventions. Nous attachons une grande importance dans tous les aspects de la chaîne de la sécurité. Toute ma gratitude à l’organisateur du Congrès Fireforum. Une collaboration entre les professionnels du secteur public, les scientifiques et les entrepreneurs est essentielle pour se consacrer à la sécurité incendie. »

Collaboration

La collaboration était un thème récurrent. Il y a notamment eu la présentation du major Frederik Vercruysse (Zone des Pompiers d’Anvers) et du capitaine Fréderique Van Overmeire (Zone de Secours du Waasland) à propos du réseau des pompiers Zeehaven Schelde, une collaboration réussie entre le service public et les pompiers d’entreprise.

« Depuis 2015, le service incendie n’est plus organisé au niveau communal mais au niveau zonal », explique Fréderique Van Overmeire. « Pour la Flandre, cela signifie que 165 casernes ont été regroupées dans 20 zones. Si les premières années furent consacrées à la zone, nous nous intéressons aujourd’hui à plus de partenariats avec d’autres zones. Un réseau assure une augmentation d’échelle. Nous pouvons faire appel à des ressources complémentaires qui nous permettent de réduire les ressources individuelles, et les ressources particulières et les spécialisations sont partagées. Les performances sont également accrues. La collaboration permet plus de robustesse et de résilience, plus de force de frappe et moins d’incertitude. »

La collaboration entre le service incendie public et les pompiers d’entreprise au Port d’Anvers est particulière à plusieurs égards. Il y a la spécificité du port avec 90 entreprises Seveco et 1 installation nucléaire. De plus, la frontière provinciale entre la Flandre orientale et Anvers passe par le port (l’Escaut est la frontière), il y a donc deux corps de pompiers compétents. Et pour être complet, il y a la participation de l’autorité portuaire avec les bateaux-pompes anti-incendie.

« L’objectif du réseau incendie est double », détaille le major Frederik Vercruysse. « Tout d’abord, nous développons un système d’assistance mutuelle avec des connaissances, de l’effectif, des véhicules et du matériel pour les incidents spécifiques, de grande envergure et de longue durée. Nous stimulons ensuite la connexion via une plateforme de connaissances (sécurité industrielle, intervention d’urgence), la formation et la pratique de fonctions clés et de base et des projets communs comme l’exploration du marché et les achats. Dans la dernière phase, nous avons démarré la collaboration avec les services incendie de cinq entreprises privées. Aujourd’hui, nous nous engageons dans l’augmentation d’échelle avec d’autres entreprises car plus il y a de participants, plus nous sommes performants. »

Gestion de la sécurité incendie

Le congrès s’est clôturé avec le débat ‘Gestion de la sécurité incendie’ auquel le Prof. dr. ir. Genserik Reniers, le major Bert Brugghemans, Ralf Bruyninckx et Koen De Maeght ont participé.

« Je pense que des conseils impartiaux, indépendants et fondés offrent une protection hautement efficace contre les cas d’urgence », fait savoir Ralf Bruyninckx, CEO de FPC Risk. « En matière de prévention incendie, chaque organisation est unique. Voilà pourquoi FPC Risk vise une approche orientée client fondée sur l’analyse de risque d’un profil spécifique, tout en tenant compte des conditions d’assurance et des exigences professionnelles et légales. »

Pour Koen De Maeght, Managing Director Kingspan Light + Air Belgium, il faut plus s’intéresser à la sensibilisation. « La sécurité incendie commence par l’acceptation de l’existence de risques. Adaptez votre comportement. Sachez ce que vous pouvez faire en toute sécurité et ce que vous ne pouvez pas faire. Les incidents sont inévitables mais si des erreurs sont commises, c’est que vous n’agissez pas correctement. Certainement s’il y a des victimes. »

Le major Bert Brugghemans, commandant de la Zone des pompiers d’Anvers, partage ce point de vue. Il pèse ses mots pour ne blesser personne mais certaines choses doivent être appelées par leur nom. « Je veux cartographier les incidents liés à des incendies sur le territoire de la ville d’Anvers et cela n’étonnera personne qu’il y ait des similitudes frappantes avec les quartiers de la ville où nous avons le plus de problèmes de drogue, de pauvreté et de marginalité. »

Le dernier mot revient au Prof. dr. ir. Genserik Reniers qui, en tant que conférencier principal, a également ouvert le congrès avec une présentation inspirante sur le thème ‘Economie de la Sécurité incendie’. « La combinaison des aspects économiques (budgets, coûts et bénéfices, salaires, facteur d’escompte) et des aspects de la sécurité (sécurité incendie, formation à l’évacuation, mesures technologiques) est trop peu abordée alors que ce sont deux domaines importants pour les entreprises. Les mesures de sécurité incendie sont souvent basées sur une analyse de risque classique et de l’intuition. Les coûts et les avantages hypothétiques des mesures de sécurité incendie sont insuffisamment utilisés pour étayer les analyses économiques. Il en va de même pour les paramètres micro-économiques comme les types de risque et les coûts associés qui sont peu utilisés dans la pratique industrielle. »

« Tenez compte des modèles et des approches micro-économiques lors du processus décisionnel d’investissements en matière de sécurité incendie, et cela de manière approfondie et solide. Idéalement, les aspects éthiques doivent être inclus dans la prise de décision. La sécurité incendie contribue fondamentalement à la rentabilité d’une organisation à long terme et doit à cet égard être considérée au même niveau que la production et l’innovation. »

Par Rudy Gunst

www.fireforum.be

Crédit photos: Fireforum

Congrès Fireforum 2022

Mardi 25 octobre 2022, la 7e édition du congrès biennal de Fireforum s’est tenue à la Maison de la Poste sur le site de Tour & Taxi. Le partage de connaissances et d’expériences entre l’industrie, les pompiers, le secteur public et les établissements de recherche y était central, et depuis l’organisation en ligne forcée de l’édition de 2020, les participants ont eu l’opportunité de réseauter. À l’espace d’exposition, 14 partenaires ont présenté leurs technologies innovantes et les derniers développements dans le domaine de la prévention incendie et de la lutte contre l’incendie. La Ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden a ouvert le congrès.

« Enfin en live », a lancé Marnix Steenbeke, le président de Fireforum asbl en résumant le sentiment général. « On peut partager des connaissances technologiques et scientifiques sur un événement en ligne mais pas de la même manière que lors d’un événement physique. Si la pandémie nous a appris une chose, c’est à quel point les contacts physiques sont importants. La plus-value des réseaux et le partage des connaissances et des expériences sont difficilement estimables. Le succès de notre congrès – voyez les nombreux participants – vient de la combinaison d’un programme de contenus et de réseautage. »

La Ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden a également exprimé sa satisfaction à propos de l’organisation physique de l’événement. « Cela me donne de l’espoir de voir autant d’hommes et de femmes s’engager dans une sécurité incendie accrue et prêts à réfléchir à la sécurité incendie. Prévenir vaut mieux que guérir. Le partage de connaissances et le dialogue sont des facteurs de succès essentiels dans l’effort conjoint visant à accroitre la sécurité incendie et à réduire le nombre d’incidents liés aux incendies. Le programme du congrès est impressionnant et varié, avec des dizaines de séances d’information axées sur la normalisation, les applications, la réalité quotidienne et la recherche scientifique. »

« Mesurer, c’est savoir, voilà pourquoi le secteur public est engagé dans une meilleure cartographie des risques et la recherche. Les incendies doivent être plus et mieux étudiés. Pas pour répondre à la question de la culpabilité mais pour apprendre le plus possible de chaque incendie. Cela vaut tant pour la prévention que la préparation concrète – la mise en œuvre effective – des interventions. Nous attachons une grande importance dans tous les aspects de la chaîne de la sécurité. Toute ma gratitude à l’organisateur du Congrès Fireforum. Une collaboration entre les professionnels du secteur public, les scientifiques et les entrepreneurs est essentielle pour se consacrer à la sécurité incendie. »

Collaboration

La collaboration était un thème récurrent. Il y a notamment eu la présentation du major Frederik Vercruysse (Zone des Pompiers d’Anvers) et du capitaine Fréderique Van Overmeire (Zone de Secours du Waasland) à propos du réseau des pompiers Zeehaven Schelde, une collaboration réussie entre le service public et les pompiers d’entreprise.

« Depuis 2015, le service incendie n’est plus organisé au niveau communal mais au niveau zonal », explique Fréderique Van Overmeire. « Pour la Flandre, cela signifie que 165 casernes ont été regroupées dans 20 zones. Si les premières années furent consacrées à la zone, nous nous intéressons aujourd’hui à plus de partenariats avec d’autres zones. Un réseau assure une augmentation d’échelle. Nous pouvons faire appel à des ressources complémentaires qui nous permettent de réduire les ressources individuelles, et les ressources particulières et les spécialisations sont partagées. Les performances sont également accrues. La collaboration permet plus de robustesse et de résilience, plus de force de frappe et moins d’incertitude. »

La collaboration entre le service incendie public et les pompiers d’entreprise au Port d’Anvers est particulière à plusieurs égards. Il y a la spécificité du port avec 90 entreprises Seveco et 1 installation nucléaire. De plus, la frontière provinciale entre la Flandre orientale et Anvers passe par le port (l’Escaut est la frontière), il y a donc deux corps de pompiers compétents. Et pour être complet, il y a la participation de l’autorité portuaire avec les bateaux-pompes anti-incendie.

« L’objectif du réseau incendie est double », détaille le major Frederik Vercruysse. « Tout d’abord, nous développons un système d’assistance mutuelle avec des connaissances, de l’effectif, des véhicules et du matériel pour les incidents spécifiques, de grande envergure et de longue durée. Nous stimulons ensuite la connexion via une plateforme de connaissances (sécurité industrielle, intervention d’urgence), la formation et la pratique de fonctions clés et de base et des projets communs comme l’exploration du marché et les achats. Dans la dernière phase, nous avons démarré la collaboration avec les services incendie de cinq entreprises privées. Aujourd’hui, nous nous engageons dans l’augmentation d’échelle avec d’autres entreprises car plus il y a de participants, plus nous sommes performants. »

Gestion de la sécurité incendie

Le congrès s’est clôturé avec le débat ‘Gestion de la sécurité incendie’ auquel le Prof. dr. ir. Genserik Reniers, le major Bert Brugghemans, Ralf Bruyninckx et Koen De Maeght ont participé.

« Je pense que des conseils impartiaux, indépendants et fondés offrent une protection hautement efficace contre les cas d’urgence », fait savoir Ralf Bruyninckx, CEO de FPC Risk. « En matière de prévention incendie, chaque organisation est unique. Voilà pourquoi FPC Risk vise une approche orientée client fondée sur l’analyse de risque d’un profil spécifique, tout en tenant compte des conditions d’assurance et des exigences professionnelles et légales. »

Pour Koen De Maeght, Managing Director Kingspan Light + Air Belgium, il faut plus s’intéresser à la sensibilisation. « La sécurité incendie commence par l’acceptation de l’existence de risques. Adaptez votre comportement. Sachez ce que vous pouvez faire en toute sécurité et ce que vous ne pouvez pas faire. Les incidents sont inévitables mais si des erreurs sont commises, c’est que vous n’agissez pas correctement. Certainement s’il y a des victimes. »

Le major Bert Brugghemans, commandant de la Zone des pompiers d’Anvers, partage ce point de vue. Il pèse ses mots pour ne blesser personne mais certaines choses doivent être appelées par leur nom. « Je veux cartographier les incidents liés à des incendies sur le territoire de la ville d’Anvers et cela n’étonnera personne qu’il y ait des similitudes frappantes avec les quartiers de la ville où nous avons le plus de problèmes de drogue, de pauvreté et de marginalité. »

Le dernier mot revient au Prof. dr. ir. Genserik Reniers qui, en tant que conférencier principal, a également ouvert le congrès avec une présentation inspirante sur le thème ‘Economie de la Sécurité incendie’. « La combinaison des aspects économiques (budgets, coûts et bénéfices, salaires, facteur d’escompte) et des aspects de la sécurité (sécurité incendie, formation à l’évacuation, mesures technologiques) est trop peu abordée alors que ce sont deux domaines importants pour les entreprises. Les mesures de sécurité incendie sont souvent basées sur une analyse de risque classique et de l’intuition. Les coûts et les avantages hypothétiques des mesures de sécurité incendie sont insuffisamment utilisés pour étayer les analyses économiques. Il en va de même pour les paramètres micro-économiques comme les types de risque et les coûts associés qui sont peu utilisés dans la pratique industrielle. »

« Tenez compte des modèles et des approches micro-économiques lors du processus décisionnel d’investissements en matière de sécurité incendie, et cela de manière approfondie et solide. Idéalement, les aspects éthiques doivent être inclus dans la prise de décision. La sécurité incendie contribue fondamentalement à la rentabilité d’une organisation à long terme et doit à cet égard être considérée au même niveau que la production et l’innovation. »

Par Rudy Gunst

www.fireforum.be

Crédit photos: Fireforum